Nomenclature Dintilhac

Guide juridique – Caninet Mescam

Nomenclature Dintilhac : comprendre les postes de préjudice corporel

La nomenclature Dintilhac est aujourd’hui l’un des référentiels les plus utilisés en matière de réparation du dommage corporel. Elle ne fixe pas un montant d’indemnisation, mais elle structure la manière d’identifier, de classer et d’évaluer les préjudices.

Ce qu’il faut retenir

Référentiel structurant de la réparation du dommage corporel

Référence majeure de pratique, sans être un barème impératif

Lecture poste par poste, essentielle pour l’expertise et l’indemnisation

Définition

Valeur juridique

Structure

Postes

En pratique

Vigilence

FAQ

Sources

En bref

La nomenclature Dintilhac en 3 repères

Avant d’entrer dans le détail, ces trois idées permettent de poser immédiatement le bon cadre de lecture.

Un référentiel

Elle classe les préjudices corporels en catégories lisibles pour guider l’analyse indemnitaire.

Pas un barème

Elle n’attribue pas un montant automatique à chaque poste. Elle organise le raisonnement, sans remplacer l’évaluation du cas concret.

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Une référence majeure

Elle est devenue centrale pour les juridictions et les praticiens, sans constituer pour autant une norme autonome de chiffrage.

Sommaire du guide

À retenir

Qu’est-ce que la nomenclature Dintilhac ?

Valeur juridique réelle

Structure de la nomenclature

Principaux postes de préjudice

Utilité pratique

Points de vigilance

Questions fréquentes

Sources officielles

  • Référentiel
  • Pas un barème
  • Poste par poste
  • Pivot de l’expertise

Guide intégral

Qu’est-ce que la nomenclature Dintilhac ?

La nomenclature Dintilhac est issue d’un groupe de travail présidé par Jean-Pierre Dintilhac. Son ambition n’était pas de fixer un prix à chaque souffrance, mais de structurer la réparation du dommage corporel à travers une classification intelligible des postes de préjudice.

Elle sert aujourd’hui de langage commun entre les juridictions, les avocats, les assureurs, les experts, les fonds d’indemnisation et les tiers payeurs. Son intérêt est concret : elle évite les approches globales et imprécises du dommage corporel et oblige à distinguer chaque chef de préjudice avec méthode.

La bonne question n’est pas « combien vaut tel poste ? », mais « quels postes existent, comment les distinguer et comment les articuler correctement dans le dossier ? »

Quelle est sa valeur juridique réelle ?

La nomenclature Dintilhac a une force pratique considérable, mais elle n’est pas un texte de loi autonome. Elle doit être comprise comme une référence majeure de pratique, utilisée pour organiser la lecture des préjudices, sans devenir pour autant un barème obligatoire de chiffrage.

C’est précisément ce qui fait son intérêt : elle donne un cadre commun, sans effacer la nécessité d’une expertise sérieuse, d’une analyse juridique fine et d’une lecture individualisée du dossier.

Comment la nomenclature est-elle structurée ?

Sa logique repose sur plusieurs distinctions fondamentales :

  • victime directe et victime par ricochet ;
  • préjudices patrimoniaux et préjudices extrapatrimoniaux ;
  • préjudices temporaires avant consolidation et préjudices permanents après consolidation ;
  • dans certains cas, préjudices évolutifs.

Cette structure permet d’éviter les confusions entre ce qui relève des dépenses, des pertes de revenus, de la souffrance, de l’autonomie, du projet de vie ou encore des préjudices subis par les proches.

Les principaux postes de préjudice à connaître

Pour la victime directe

La nomenclature distingue notamment les dépenses de santé actuelles et futures, les pertes de gains professionnels actuels et futurs, l’incidence professionnelle, l’assistance par tierce personne, les frais de logement et de véhicule adaptés, les souffrances endurées, le déficit fonctionnel temporaire et permanent, le préjudice esthétique, le préjudice sexuel, le préjudice d’agrément et le préjudice d’établissement.

Pour les proches

Les proches peuvent eux aussi subir des préjudices propres. Selon les situations, cela peut inclure des pertes de revenus, des frais, un préjudice d’accompagnement, un préjudice d’affection ou d’autres atteintes extrapatrimoniales liées à la gravité du dommage ou au décès de la victime directe.

Pourquoi la nomenclature est-elle décisive en pratique ?

Elle est décisive parce qu’elle impose une lecture poste par poste. Cette logique est particulièrement importante lorsque le dossier comprend une expertise médicale lourde, des conséquences professionnelles durables, des besoins d’assistance humaine ou l’intervention de tiers payeurs.

Elle joue aussi un rôle essentiel dans la préparation de l’expertise. Une expertise sérieuse ne doit pas seulement constater des lésions ; elle doit permettre de lire leurs conséquences concrètes sur l’autonomie, les besoins futurs, la carrière, la vie personnelle et familiale.

Les points de vigilance à connaître

Premier point : la nomenclature n’est pas un barème. Deuxième point : elle n’éteint pas tous les débats jurisprudentiels. Troisième point : elle doit toujours être articulée avec les règles de procédure, les recours des tiers payeurs et le contenu concret du dossier médical et professionnel.

En clair, elle constitue un cadre de haute précision, mais elle ne remplace ni l’analyse juridique, ni l’expertise médicale, ni la stratégie d’indemnisation lorsque le dossier l’exige.

Structure

Comment lire la nomenclature Dintilhac ?

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Victime directe

Les préjudices de la victime principale sont distingués de ceux de l’entourage.

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Victime par ricochet

Les proches peuvent eux aussi avoir des préjudices propres, notamment dans les dossiers graves.

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Patrimonial / personnel

La nomenclature sépare les atteintes économiques des atteintes personnelles non économiques.

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Temporaire / permanent

La consolidation marque le passage des préjudices temporaires aux préjudices permanents.

Méthode pratique

Pourquoi la nomenclature est-elle décisive dans un dossier ?

1

Identifier

Nommer correctement les postes de préjudice pour ne rien oublier.

2

Qualifier

Rattacher chaque conséquence du dommage à la bonne catégorie.

3

Documenter

Articuler expertise médicale, justificatifs professionnels et conséquences personnelles.

4

Liquider

Construire une réparation poste par poste, notamment en présence de tiers payeurs.

Point de vigilence

Les erreurs de lecture à éviter

Ce n’est pas un barème

La nomenclature classe les postes de préjudice, mais ne fixe pas à elle seule le niveau d’indemnisation.

Elle n’éteint pas les débats

Certains préjudices spécifiques peuvent encore donner lieu à des discussions sur leur autonomie ou leur rattachement.

Le cas concret reste central

La qualité du dossier médical, professionnel et humain reste déterminante pour une bonne lecture indemnitaire.

La méthode compte autant que la liste

Un bon dossier ne consiste pas à citer les bons mots, mais à démontrer précisément les bons postes.

Faq

Questions fréquentes

La nomenclature Dintilhac est-elle obligatoire ?

Non, pas comme un texte légal autonome. Mais elle est devenue une référence majeure pour les juridictions et les praticiens.

La nomenclature Dintilhac est-elle un barème ?

Non. Elle classe les postes de préjudice mais ne fixe pas, à elle seule, les montants d’indemnisation.

Pourquoi la consolidation est-elle importante ?

Parce qu’elle marque la frontière entre les préjudices temporaires et les préjudices permanents dans la logique de la nomenclature.

Pourquoi parle-t-on d’une indemnisation poste par poste ?

Parce que cette logique permet de ventiler précisément chaque chef de préjudice, notamment en présence de tiers payeurs.

Les proches sont-ils concernés par la nomenclature Dintilhac ?

Oui. Elle distingue les préjudices de la victime directe et ceux des victimes par ricochet.

Peut-on bâtir un dossier sérieux sans cette grille ?

En pratique, il est très difficile de structurer proprement une indemnisation sans une logique équivalente à celle de la nomenclature Dintilhac.

Sources officielles

Sources de référence

Ministère de la Justice

Présentation du rapport Dintilhac et rappel du rôle structurant de la nomenclature dans la réparation du dommage corporel.

Vie-publique

Références sur le rapport du 28 octobre 2005 et accès au document de base.

Cour de cassation

Éléments sur la place de la nomenclature dans la pratique et sur sa portée réelle.

Légifrance

Textes utiles pour la logique de réparation poste par poste et les recours des tiers payeurs.

Rédactrice de ce guide

Emma Leduc

Emma Leduc

Avocat en dommage Corporel au Cabinet de Bayonne

Avocate au Barreau de Bayonne depuis 2022, Maître Emma LEDUC est spécialiste en droit du dommage corporel (titre CNB, 2025) et membre de l’ANADAVI. Titulaire d’un Master 2 en Conseil et Contentieux et d’un DU en droit du dommage corporel (Paris 1 Panthéon-Sorbonne), elle intervient sur des dossiers de grande complexité — attentats de Paris, incendie de la Marina, accident de Millas — avec rigueur et empathie au service des victimes.

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »