Nomenclature Dintilhac : les 29 postes de préjudice expliqués
Guide juridique – Cabinet Mescam
Nomenclature Dintilhac : comprendre les postes de préjudice corporel
La nomenclature Dintilhac est la liste de référence des préjudices qu’une victime de dommage corporel peut faire indemniser : 20 postes pour la victime elle-même, 9 pour ses proches. Elle ne fixe aucun montant, mais elle oblige à évaluer chaque préjudice séparément, et c’est poste par poste que se joue l’écart entre une offre d’assureur et une indemnisation complète.
Par Maître Emma Leduc, avocate spécialiste en droit du dommage corporel. Section réforme : Maître Marie Mescam. Publié le 12 mars 2026, mis à jour le 12 octobre 2026.
Ce qu’il faut retenir
Référentiel structurant de la réparation du dommage corporel
Référence majeure de pratique, sans être un barème impératif
Lecture poste par poste, essentielle pour l’expertise et l’indemnisation
Définition
Valeur juridique
Structure
Postes
Chiffrage
Votre offre
FAQ
Sources
En bref
La nomenclature Dintilhac en 3 repères
Avant d’entrer dans le détail, ces trois idées permettent de poser immédiatement le bon cadre de lecture.
Un référentiel
Elle classe les préjudices corporels en catégories lisibles pour guider l’analyse indemnitaire.
Pas un barème
Elle n’attribue pas un montant automatique à chaque poste. Elle organise le raisonnement, sans remplacer l’évaluation du cas concret.
Une référence majeure
Elle est devenue centrale pour les juridictions et les praticiens, sans constituer pour autant une norme autonome de chiffrage.
Sommaire du guide
À retenir
Qu’est-ce que la nomenclature Dintilhac ?
Est-elle obligatoire ?
Structure de la nomenclature
Tableau des 29 postes
Chiffrage des postes
Vérifier une offre
Questions fréquentes
Sources officielles
- Référentiel
- Pas un barème
- Poste par poste
- Pivot de l’expertise
Guide intégral
Qu’est-ce que la nomenclature Dintilhac ?
La nomenclature Dintilhac est une classification des postes de préjudice corporel, issue du rapport remis le 28 octobre 2005 par un groupe de travail présidé par Jean-Pierre Dintilhac, alors président de la deuxième chambre civile de la Cour de cassation. Elle sert de langage commun aux juridictions, avocats, assureurs, médecins experts, fonds d’indemnisation (Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages, Office national d’indemnisation des accidents médicaux) et organismes sociaux.
Son objectif n’était pas de fixer un prix à chaque souffrance. Il était de mettre fin aux évaluations globales et imprécises du dommage corporel, en obligeant à distinguer chaque conséquence de l’accident : les dépenses, les pertes de revenus, la douleur, la perte d’autonomie, l’atteinte au projet de vie, ce que subissent les proches.
La bonne question n’est donc pas « combien vaut tel poste ? », mais « quels postes existent dans mon dossier, comment les distinguer et comment les prouver ? ».
La nomenclature Dintilhac est-elle obligatoire ?
Non, la nomenclature Dintilhac n’est ni une loi ni un décret, mais elle s’impose en pratique. La circulaire du ministère de la Justice du 22 février 2007 en a recommandé l’usage à toutes les juridictions, et elle est aujourd’hui utilisée par les tribunaux, les cours d’appel, les assureurs et les fonds d’indemnisation.
Deux règles lui donnent sa force juridique réelle :
- Le principe de réparation intégrale : la victime doit être replacée dans la situation où elle se serait trouvée sans l’accident, sans perte ni profit. La nomenclature est l’outil qui permet de vérifier que rien n’a été oublié.
- Le recours des tiers payeurs poste par poste : depuis la loi du 21 décembre 2006, qui a modifié l’article 31 de la loi du 5 juillet 1985, la Sécurité sociale, la mutuelle ou l’employeur ne peuvent récupérer leurs débours que sur les postes de préjudice qu’ils ont effectivement pris en charge. Une évaluation globale peut donc faire perdre à la victime une partie de ce qui lui revient.
La nomenclature n’est pas limitative. La Cour de cassation l’a rappelé en reconnaissant des préjudices qu’elle ne nommait pas, comme le préjudice d’attente et d’inquiétude des proches (chambre mixte, 25 mars 2022).
Les grandes familles de préjudices
La nomenclature range chaque préjudice selon trois distinctions qui se combinent. Les comprendre suffit à lire n’importe quelle offre d’indemnisation.
| Distinction | Ce qu’elle sépare | Pourquoi c’est important |
|---|---|---|
| Victime directe ou victime indirecte | La personne blessée et ses proches (on parle aussi de victimes par ricochet) | Les proches ont des droits propres, même si la victime survit |
| Patrimonial ou extrapatrimonial | Ce qui a une valeur économique (frais, pertes de revenus) et ce qui n’en a pas (douleur, perte de qualité de vie) | Les premiers se calculent sur justificatifs, les seconds s’évaluent à partir de l’expertise médicale |
| Temporaire ou permanent | Avant et après la consolidation | Chaque préjudice est indemnisé sur chaque période, l’un ne remplace pas l’autre |
La consolidation est la date à laquelle l’état de santé de la victime se stabilise, ce que fixe le médecin expert. Elle ne signifie pas la guérison : les séquelles qui subsistent à cette date deviennent des préjudices permanents.
Cette grille répond aussi à une question fréquente : « quels sont les trois types de préjudices ? ». En droit, on distingue classiquement le dommage corporel, le dommage matériel et le dommage moral. La nomenclature Dintilhac, elle, ne concerne que le dommage corporel et ses répercussions, y compris morales et économiques.
Structure
Comment lire la nomenclature Dintilhac ?
Victime directe
Les préjudices de la victime principale sont distingués de ceux de l’entourage.
Victime par ricochet
Les proches peuvent eux aussi avoir des préjudices propres, notamment dans les dossiers graves.
Patrimonial / personnel
La nomenclature sépare les atteintes économiques des atteintes personnelles non économiques.
Temporaire / permanent
La consolidation marque le passage des préjudices temporaires aux préjudices permanents.
Le tableau complet des postes de préjudice de la nomenclature Dintilhac
La victime directe peut faire valoir 20 postes de préjudice, répartis en quatre familles. Le tableau ci-dessous indique pour chacun ce qu’il couvre et ce qui permet de le prouver.
| Famille | Poste (sigle) | Ce qu’il couvre | Ce qui le prouve |
|---|---|---|---|
| Patrimonial temporaire | Dépenses de santé actuelles (DSA) | Frais médicaux, hospitaliers, pharmaceutiques et d’appareillage jusqu’à la consolidation | Relevés de la caisse d’assurance maladie et de la mutuelle, factures |
| Patrimonial temporaire | Frais divers (FD) | Déplacements vers les soins, honoraires du médecin conseil de la victime, frais de garde d’enfants, aide ménagère | Factures, kilométrage, attestations |
| Patrimonial temporaire | Pertes de gains professionnels actuels (PGPA) | Revenus perdus entre l’accident et la consolidation | Bulletins de salaire, avis d’imposition, relevé des indemnités journalières |
| Patrimonial permanent | Dépenses de santé futures (DSF) | Soins, traitements et appareillages nécessaires après la consolidation, renouvellements compris | Prescriptions, devis, conclusions de l’expert |
| Patrimonial permanent | Frais de logement adapté (FLA) | Aménagement ou changement de logement rendu nécessaire par le handicap | Devis, rapport d’ergothérapeute |
| Patrimonial permanent | Frais de véhicule adapté (FVA) | Adaptation ou surcoût d’un véhicule, et son renouvellement | Devis, factures |
| Patrimonial permanent | Assistance par tierce personne (ATP) | Aide humaine pour les actes de la vie quotidienne, apportée par un professionnel ou par un proche | Expertise, attestations des aidants |
| Patrimonial permanent | Pertes de gains professionnels futurs (PGPF) | Revenus perdus après la consolidation, jusqu’à la fin de vie active | Historique de carrière, avis d’inaptitude |
| Patrimonial permanent | Incidence professionnelle (IP) | Pénibilité accrue, dévalorisation sur le marché du travail, perte de chance de promotion, reconversion, retraite réduite | Attestations de l’employeur, fiches de poste, perspectives de carrière |
| Patrimonial permanent | Préjudice scolaire, universitaire ou de formation (PSU) | Année d’études perdue, formation abandonnée ou réorientée | Bulletins scolaires, attestations d’établissement |
| Extrapatrimonial temporaire | Déficit fonctionnel temporaire (DFT) | Perte de qualité de vie avant consolidation : hospitalisation, gêne dans les gestes quotidiens, vie sociale et intime | Expertise médicale, par période et par classe de gêne |
| Extrapatrimonial temporaire | Souffrances endurées (SE) | Douleurs physiques et psychiques subies jusqu’à la consolidation (le « pretium doloris ») | Expertise, cotée de 1 à 7 |
| Extrapatrimonial temporaire | Préjudice esthétique temporaire (PET) | Altération de l’apparence avant consolidation (cicatrices, fauteuil, béquilles) | Expertise, photographies |
| Extrapatrimonial permanent | Déficit fonctionnel permanent (DFP) | Séquelles définitives : atteinte physique ou psychique, douleurs persistantes, perte de qualité de vie | Expertise, taux en pourcentage |
| Extrapatrimonial permanent | Préjudice d’agrément (PA) | Impossibilité ou difficulté de pratiquer une activité sportive ou de loisir pratiquée avant l’accident | Licences, attestations de club, photographies |
| Extrapatrimonial permanent | Préjudice esthétique permanent (PEP) | Atteinte définitive à l’apparence | Expertise, cotée de 1 à 7 |
| Extrapatrimonial permanent | Préjudice sexuel (PS) | Atteinte aux organes, perte de libido ou de plaisir, difficulté à procréer | Expertise |
| Extrapatrimonial permanent | Préjudice d’établissement (PE) | Perte de chance de réaliser un projet de vie familiale (couple, enfants) | Expertise, situation personnelle |
| Extrapatrimonial permanent | Préjudices permanents exceptionnels (PPE) | Préjudices atypiques et d’une gravité particulière, liés à la nature de l’événement (catastrophe collective, attentat) | Circonstances de l’événement |
| Extrapatrimonial évolutif | Préjudices liés à des pathologies évolutives (PEV) | Angoisse de vivre avec une maladie évolutive (contamination, exposition à un produit toxique) | Expertise, diagnostic |
Les postes les plus souvent oubliés ou sous-évalués
Dans les offres d’indemnisation, cinq postes reviennent comme les plus fragiles. L’assistance par tierce personne est souvent réduite lorsque l’aide est apportée par un proche, alors que la Cour de cassation juge qu’elle doit être indemnisée sans abattement et sans exiger de justificatifs de dépenses (deuxième chambre civile, 19 décembre 2024, n° 23-16.766). L’incidence professionnelle est fréquemment absente quand la victime a repris son travail. Les frais de logement et de véhicule adaptés sont rarement chiffrés sans devis précis. Le préjudice sexuel et le préjudice d’établissement sont souvent passés sous silence, faute d’avoir été abordés pendant l’expertise.
Pour l’aide humaine, le cabinet a consacré un guide complet à l’indemnisation de l’assistance par tierce personne.
Souffrances endurées, déficit fonctionnel, préjudice d’agrément : les trois postes qui font débat
Les souffrances endurées, que l’on appelle encore pretium doloris, indemnisent toutes les douleurs subies jusqu’à la consolidation, physiques comme psychiques. L’angoisse d’une mort imminente ressentie par une victime consciente peut être indemnisée de façon autonome, à condition de ne pas l’avoir déjà été au titre des souffrances endurées (Cour de cassation, chambre mixte, 25 mars 2022).
Le déficit fonctionnel permanent ne se résume pas à un taux d’incapacité. Il couvre aussi les douleurs qui persistent après la consolidation et la perte de qualité de vie. Le taux fixé par l’expert mérite donc d’être discuté avec votre médecin conseil avant d’être accepté.
Le préjudice d’agrément, tel que la nomenclature le définit, ne vise que l’après-consolidation et une activité spécifique pratiquée avant l’accident. L’impossibilité de faire du sport pendant les mois de rééducation est aujourd’hui intégrée au déficit fonctionnel temporaire. C’est l’une des lacunes que le cabinet a soulignées devant la Cour de cassation (voir plus bas).
Les préjudices des proches de la victime
Les proches d’une victime de dommage corporel ont des droits propres, que la victime survive ou décède. La nomenclature leur reconnaît 9 postes.
| Situation | Poste | Ce qu’il couvre |
|---|---|---|
| Décès de la victime | Frais d’obsèques | Funérailles et sépulture |
| Décès de la victime | Pertes de revenus des proches | Part des revenus de la victime dont le foyer bénéficiait |
| Décès de la victime | Frais divers des proches | Déplacements, hébergement, frais administratifs |
| Décès de la victime | Préjudice d’accompagnement | Bouleversement de la vie des proches qui ont accompagné la victime jusqu’à son décès |
| Décès de la victime | Préjudice d’affection | Douleur morale liée à la perte d’un proche |
| Victime survivante | Pertes de revenus des proches | Revenus perdus par un proche qui réduit ou cesse son activité pour s’occuper de la victime |
| Victime survivante | Frais divers des proches | Déplacements, hébergement près du lieu d’hospitalisation |
| Victime survivante | Préjudice d’affection | Souffrance morale de voir un proche gravement atteint |
| Victime survivante | Préjudices extrapatrimoniaux exceptionnels | Bouleversement durable des conditions d’existence, notamment pour le conjoint ou les parents d’une victime lourdement handicapée |
La Cour de cassation a ajouté un poste autonome pour les proches : le préjudice d’attente et d’inquiétude, subi entre l’annonce de l’événement et la connaissance de son issue (chambre mixte, 25 mars 2022).
Avant l’expertise médicale, faites le point sur les postes à défendre. Le cabinet prépare avec vous et votre médecin conseil la liste des préjudices à faire constater.
Comment chaque poste de préjudice est-il chiffré ?
Il n’existe pas de barème Dintilhac. La nomenclature dit quoi indemniser, pas combien. Le montant de chaque poste dépend de l’expertise médicale, des justificatifs et de la jurisprudence de la cour d’appel compétente. Trois logiques coexistent.
| Type de poste | Mode d’évaluation | Exemples |
|---|---|---|
| Postes calculés sur justificatifs | Addition des dépenses et des pertes réelles, déduction faite de ce que les organismes sociaux ont déjà payé | Dépenses de santé, frais divers, pertes de gains actuels |
| Postes futurs capitalisés | Montant annuel multiplié par un coefficient qui tient compte de l’âge et de l’espérance de vie (barème de capitalisation, le plus utilisé étant celui publié par la Gazette du Palais) | Pertes de gains futurs, assistance par tierce personne, dépenses de santé futures |
| Postes évalués à partir de l’expertise | L’expert fixe une cotation (échelle de 1 à 7, pourcentage, classes de gêne) que le juge ou l’assureur convertit en euros à l’aide des référentiels indicatifs des cours d’appel | Souffrances endurées, préjudice esthétique, déficit fonctionnel temporaire et permanent |
Barème du déficit fonctionnel permanent : ce qu’il faut savoir en 2026
Le déficit fonctionnel permanent s’indemnise en multipliant le taux fixé par l’expert par une valeur du point. Cette valeur augmente avec le taux et diminue avec l’âge de la victime à la consolidation. Aucun texte ne la fixe : les assureurs et les juridictions s’appuient sur des référentiels indicatifs, dont les valeurs diffèrent d’une cour à l’autre et évoluent dans le temps. Un écart de quelques points sur le taux, ou une valeur du point prise dans un référentiel défavorable, peut représenter une différence importante sur l’indemnisation finale.
L’assistance par tierce personne : un calcul en trois paramètres
L’assistance par tierce personne se calcule en multipliant le nombre d’heures d’aide quotidienne retenu par l’expert, un taux horaire et un nombre de jours par an. Chaque paramètre se discute : le taux horaire n’est fixé par aucun texte, et certaines cours d’appel retiennent 412 jours par an plutôt que 365 pour intégrer les congés et jours fériés d’une aide professionnelle. Pour la période postérieure à la consolidation, le montant annuel est ensuite capitalisé.
Comment vérifier une offre d’indemnisation avec la nomenclature Dintilhac ?
Une offre d’assureur ou de fonds d’indemnisation doit détailler chaque poste. Si elle annonce un montant global, ou ne reprend que quelques postes, c’est le premier signal d’alerte. Cinq vérifications permettent de repérer ce qui manque.
- Tous les postes sont-ils présents ? Comparez l’offre au tableau ci-dessus. Un poste absent n’est pas un poste refusé : il a souvent simplement été omis.
- Les deux périodes sont-elles couvertes ? Chaque préjudice doit être évalué avant et après la consolidation quand il existe sur les deux périodes.
- Les cotations de l’expert sont-elles reprises fidèlement ? Un taux de déficit, une cotation de souffrances ou un nombre d’heures d’aide revu à la baisse dans l’offre doit être justifié.
- Les débours des organismes sociaux sont-ils imputés sur les bons postes ? Une rente ou une prestation ne peut s’imputer que sur le poste qu’elle répare. Par exemple, la prestation de compensation du handicap ne se déduit de l’assistance par tierce personne que pour la période où elle est effectivement attribuée (deuxième chambre civile, 4 septembre 2024, n° 23-11.723).
- L’offre est-elle provisionnelle ou définitive ? Une offre définitive acceptée ne se rediscute pas, sauf aggravation de l’état de santé.
Une offre se conteste dans le cadre de la négociation, avec l’appui d’un médecin conseil de victime et d’un avocat, ou devant le tribunal si l’écart est trop important.
Méthode pratique
Pourquoi la nomenclature est-elle décisive dans un dossier ?
1
Identifier
Nommer correctement les postes de préjudice pour ne rien oublier.
2
Qualifier
Rattacher chaque conséquence du dommage à la bonne catégorie.
3
Documenter
Articuler expertise médicale, justificatifs professionnels et conséquences personnelles.
4
Liquider
Construire une réparation poste par poste, notamment en présence de tiers payeurs.
Vers une nomenclature Dintilhac réformée ?
Vingt ans après sa création, la nomenclature Dintilhac n’a jamais été officiellement révisée. La Cour de cassation a engagé une réflexion sur sa rénovation et a souhaité entendre des avocats de victimes. Maître Marie Mescam, associée du Cabinet Mescam, a été auditionnée dans ce cadre, au titre de son expérience d’avocate de victimes.
Le cabinet y a défendu la reconnaissance de trois préjudices temporaires, que la nomenclature actuelle ne prévoit qu’après la consolidation.
- Le préjudice sexuel temporaire : la perte de vie intime pendant les mois de soins n’a pas de poste propre.
- Le préjudice d’agrément temporaire : l’impossibilité de reprendre le sport, le bricolage ou le jardinage pendant la rééducation est aujourd’hui absorbée par le déficit fonctionnel temporaire.
- L’incidence professionnelle temporaire : la reprise du travail avec fatigabilité, pénibilité ou perte de promotion avant la consolidation n’est pas reconnue en tant que telle.
Pour une victime, l’enjeu est concret. Les mois qui séparent l’accident de la consolidation sont souvent les plus durs : arrêt de travail, rééducation, vie de couple et loisirs suspendus. Reconnaître ces préjudices temporaires comme des postes à part entière permettrait de les évaluer pour ce qu’ils sont, au lieu de les fondre dans le déficit fonctionnel temporaire.
En attendant une éventuelle nouvelle version, la jurisprudence continue de faire évoluer la liste. La Cour de cassation a ainsi reconnu en 2026 que le préjudice d’anxiété lié à une exposition in utero au Distilbène (diéthylstilbestrol) constitue un dommage corporel, même sans pathologie déclarée (chambre mixte, 29 mai 2026, n° 24-17.384).
Pour en savoir plus : Maître Mescam auditionnée par la Cour de cassation pour repenser la nomenclature Dintilhac.
Faire évaluer vos préjudices poste par poste
La nomenclature Dintilhac donne la liste. Le travail d’un avocat en dommage corporel consiste à démontrer, pièces et expertise à l’appui, chacun des postes qui s’appliquent à votre situation, puis à les défendre face à l’assureur. Le Cabinet Mescam intervient exclusivement pour les victimes, à Bordeaux et à Bayonne, notamment en accident de la route, en erreur médicale, en agression et en accident de la vie.
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Questions fréquentes
Combien de postes de préjudice compte la nomenclature Dintilhac ?
La nomenclature Dintilhac compte 29 postes : 20 pour la victime directe et 9 pour ses proches. La Cour de cassation y a ajouté des postes autonomes par la jurisprudence, comme le préjudice d’attente et d’inquiétude des proches, car la liste n’est pas limitative.
La nomenclature Dintilhac est-elle un barème ?
Non. Elle classe les préjudices sans leur attribuer de montant. Les sommes viennent de l’expertise médicale, des justificatifs et des référentiels indicatifs des cours d’appel, que le juge reste libre de ne pas suivre.
Où trouver le tableau de la nomenclature Dintilhac en PDF ?
Le rapport original de 2005 est disponible sur le site du ministère de la Justice (voir les sources ci-dessous). Le tableau des 20 postes de la victime directe et celui des 9 postes des proches figurent sur cette page, avec pour chacun ce qu’il couvre et les pièces qui le prouvent.
Pourquoi la date de consolidation est-elle si importante ?
La consolidation sépare les préjudices temporaires des préjudices permanents. Une consolidation fixée trop tôt réduit les postes temporaires et peut faire sous-estimer les séquelles. Elle se discute pendant l’expertise, avec l’aide d’un médecin conseil de victime.
Peut-on contester une indemnisation calculée avec la nomenclature Dintilhac ?
Oui. Une offre peut être contestée tant qu’elle n’a pas été acceptée, poste par poste : poste oublié, cotation de l’expert mal reprise, valeur du point défavorable, imputation des organismes sociaux erronée. En cas d’aggravation de l’état de santé, une nouvelle indemnisation reste possible même après une transaction.
Les proches d'une victime blessée peuvent-ils être indemnisés ?
Oui, même si la victime survit. Le conjoint, les enfants, les parents ou les frères et sœurs peuvent obtenir réparation de leur préjudice d’affection, de leurs pertes de revenus et de leurs frais, et dans les situations les plus graves du bouleversement de leur vie quotidienne.
Sources officielles
Sources de référence
Ministère de la Justice
Présentation du rapport Dintilhac et rappel du rôle structurant de la nomenclature dans la réparation du dommage corporel.
Vie-publique
Références sur le rapport du 28 octobre 2005 et accès au document de base.
Cour de cassation
Éléments sur la place de la nomenclature dans la pratique et sur sa portée réelle.
Légifrance
Textes utiles pour la logique de réparation poste par poste et les recours des tiers payeurs.
Rédactrice de ce guide

Emma Leduc
Avocat en dommage Corporel au Cabinet de Bayonne
Avocate au Barreau de Bayonne depuis 2022, Maître Emma LEDUC est spécialiste en droit du dommage corporel (titre CNB, 2025) et membre de l’ANADAVI. Titulaire d’un Master 2 en Conseil et Contentieux et d’un DU en droit du dommage corporel (Paris 1 Panthéon-Sorbonne), elle intervient sur des dossiers de grande complexité : attentats de Paris, incendie de la Marina, accident de Millas : avec rigueur et empathie au service des victimes.
« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »